| Les boissons | ||
|
• Une approche de la consommation d’alcool
|
||
| Une approche de la consommation d’alcool - Par Jacqueline Absolonne (Septembre 2004) | ||
Pour bien se comprendre, il est essentiel de faire la distinction entre :
L'alcool n'est pas un nutriment car ce n'est pas une substance physiologique nécessaire à la vie comme l'eau, le glucose par exemple. D'emblée, nous insisterons pour dire que les personnes abstinentes, que ce soit pour des raisons de goût, de culture, de confession, doivent le rester. La toxicité de l'alcool est clairement établie et démontrée pour le fœtus, l'enfant, la personne alcoolique ou dépendante de l'alcool. La consommation d'alcool est vivement déconseillée pour tout un chacun qui en consomme simultanément à la prise de médicaments incompatibles (benzodiazépines, antipsychotiques, antihypertenseur, certains antibiotiques,...). La consommation d'alcool doit être contrôlée si l'on conduit un véhicule (le taux légal d'alcoolémie est de 0.5g par litre de sang), dans le cas de pathologies digestives comme les pancréatites, les cirrhoses,… dans le cas de pathologies neurologiques.
|
![]()
Des consommations importantes d'alcool augmente très fortement le risque de cancers de la sphère ORL, du tube digestif (haut et bas) surtout si un tabagisme y est associé. La consommation régulière de boissons alcooliques fait partie de la culture européenne, des habitudes alimentaires de bien de nos compatriotes. Le tout est de savoir si l'alcool peut nous faire du bien sous l'angle de la santé et plus spécialement pour les personnes diabétiques. Dans beaucoup d'études on parle des effets bénéfiques de l'alcool lorsque la consommation est modérée. |
|
| Mais qu’est-ce qu’une consommation modérée d’alcool ? | ||
|
Les normes consensuelles sont de maximum 21 verres par semaine pour l'homme et 14 verres par semaine pour la femme. Cela correspond respectivement à 3 verres et 2 verres par jour pour un maximum de 30g et 20 g d'alcool par jour. Un verre contient donc 10g d'alcool (voir tableau). Les résultats de nombreuses études ont établi et confirmé qu'une consommation modérée de boissons alcooliques était associée à une diminution de l'incidence des maladies cardiovasculaires et à des effets protecteurs vis à vis du processus athéromateux.
C'est la consommation modérée de boissons alcooliques qui est associée à une diminution du risque de diabète de type 2 et non la consommation des spiritueux. De plus cette consommation modérée n'a pas d'impact à court terme sur le contrôle glycémique des diabétiques. Si la consommation modérée peut être considérée comme préventive, en revanche une consommation d'alcool plus élevée est associée à un accroissement de l'incidence du diabète pouvant atteindre 40% à 50%. Dans les études prospectives la relation entre la consommation d'alcool et la mortalité cardiovasculaire suit une courbe en J : la mortalité diminue entre 0 et 20 à 30 g d'alcool par jour, puis elle augmente progressivement, dépassant les taux des abstinents autour de 40 et 60 g d'alcool quotidien. Le modèle de consommation traditionnel à la française associant la régularité et la modération est à même de réduire l'incidence du diabète de type 2 alors que le modèle anglo-saxon ou scandinave (abstinence 5 jours sur 7 et excès en fin de semaine) est à risque. Il n'y a pas d'arguments pour distinguer la bière et le vin, la relation paraissant liée à la consommation d'alcool.
|
Il s'agit des polyphénols et parmi ceux-ci, une place à part doit être faite à un dérivé du stilbène qui n'est autre que le resvératrol. Les principaux polyphénols présents dans les vins et plus spécialement les vins rouges sont le resvératrol, les anthocyanidines, les flavonols (quercétine) et les flavanols( cathéchine). Toutes ces substances jouissent de propriétés antioxydantes. L'effet protecteur de l'alcool vis à vis du diabète de type 2 est encore mal expliqué. Il pourrait être lié à une amélioration directe ou indirecte de la sensibilité à l'insuline. L'effet hypo-insulinémiant de l'alcool rend compte d'une amélioration de l'insulinorésistance. Par contre l'ingestion de quantités importantes d'alcool perturbe la sensibilité à l'insuline. L'alcool atténue l'hyperglycémie post-prandiale car elle retarde la vidange gastrique. L'administration de 0.75g d'alcool/kg en soirée chez un diabétique insulinodépendant diminue les glycémies basales et post-prandiales. Une consommation modérée et régulière d'alcool durant un repas a peu d'effet sur l'équilibre glycémique, sur l' HbA1C et ne modifie pas les besoins en insuline. Par contre une consommation inappropriée d'alcool est une cause de déséquilibre glycémique avec un risque accru d'hypoglycémie pouvant être de survenue tardive chez le diabétique de type 1. Après une période de jeûne, on sait que l'hypoglycémie est la complication la plus fréquente en cas de traitement à l'insuline si la dose d'alcool dépasse 3 à 4 verres par jour. La consommation excessive d'alcool potentialise l'effet hypoglycémiant des sulfamides, de l'insuline et de l'exercice. Elle aggrave les conséquences de l'hypoglycémie car elle trouble les signes habituels de celle-ci. L'hypoglycémie résulte d'une inhibition de la néoglucogenèse et de l'action des hormones de la contre-régulation glycémique. L'hypoglycémie induite par l'alcool a, de plus, la réputation d'être réfractaire à l'administration de glucagon.
L'alcool est un facteur d'hypertriglycéridémie, commune dans le cas de diabète de type 2, chez des sujets génétiquement prédisposés. Elle peut aussi favoriser une poussée de pancréatite aiguë. Des consommations immodérées d'alcool sont un facteur d'hypertension, de risque accru de rétinopathie, de néphropathie, des complications neurologiques. Si nous parlons des effets de l'alcool, il est essentiel de mettre en exergue que les boissons alcoolisées sont hyperglycémiantes indépendamment de la concentration en alcool mais dépendant de leur teneur en glucides. Les vins rouges, les vins blancs secs ne contiennent pas de glucides. La bière de type pils contient 40g de glucides par litre et son IG est de 70. Son pouvoir hyperglycémiant est modeste si elle est consommée au cours du repas. Pour conclure, il semble qu'une consommation modérée d'alcool contribue à l'amélioration du risque cardiovasculaire et de la sensibilité à l'insuline. Elle se fait en tenant compte de l'apport calorique supplémentaire. Toute consommation supérieure est délétère. |
|
| Les boissons alcooliques et alcoolisées (30.09.2004) | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
La portion apporte 10g d'alcool ou 12.5ml d'alcool. La teneur en alcool est obligatoirement inscrite sur l'étiquette des boissons alcooliques et alcoolisées en % en volume ou en ml d'alcool pour 100ml.
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||