| Le piège des étiquettes | ||
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Toute personne diabétique soucieuse de bien s’alimenter doit faire attention à la quantité de sucres ajoutés et à la teneur en matières grasses de son alimentation. Actuellement, vouloir « bien acheter » des produits de consommation courante relève du casse-tête chinois. Les étiquettes sont de plus en plus surchargées, les caractères de plus en plus petits, les allégations nutritionnelles (utiles ou inutiles) de plus en plus nombreuses, sinon insidieuses, et des arguments très fantaisistes poussent à la consommation de produits surtout plus… chers ! En nous baladant dans les rayons des supermarchés, nous avons pointé du doigt quelques produits « phares » : alors, affaire ou arnaque ? A vous, lecteurs assidus de notre rubrique diététique, nous proposons cependant ce bref rappel. Les glucides sont essentiels à notre organisme, même pour une personne diabétique. En effet, ils devraient être la principale source d’énergie (calories) quotidienne. Les glucides totaux (= sucres) comprennent : les sucres simples, les sucres complexes et les polyols. a) Les sucres simples sont nombreux ; on y retrouve le glucose, le fructose, le galactose, le saccharose (sucre de table), le lactose (sucre du lait) et le maltose. On les trouve sous deux formes :
• Soit ajoutés aux aliments par l’industriel, l’artisan ou la ménagère. Il peut s’agir de sucre de betterave, de sucre de canne mais aussi de mélasse, de cassonade, de caramel, de glucose (= dextrose), de fructose, de sirops de glucose/fructose, de sirop de céréales, de sirop d’érable, de sirop d’agave, de sirop d’artichaut de Jérusalem, de sucre demerara (sucre de canne) ou encore de miel.
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Il faut préciser cependant que les sucres ajoutés aux produits manufacturés n’ont pas que des inconvénients : en effet, leur présence assure la conservation de l’aliment (ex: confitures) et améliore le goût et/ou la texture. C’est le « trop » qui est regrettable surtout pour les personnes diabétiques et/ou les personnes en surcharge pondérale. b) Les sucres complexes sont les amidons qui, après digestion, donnent des molécules de glucose. Ils doivent occuper une grande place dans notre journée alimentaire car ils sont présents dans les céréales (+ pommes de terre) où ils sont accompagnés de minéraux, de vitamines et de fibres. c) Les polyols sont repris dans la catégorie des glucides, bien qu’ils ne fassent quasiment pas varier la glycémie et n’apportent que 2.4 kcal par g. (contre 4 kcal par g. pour tous les autres glucides). Le xylitol, maltitol, sorbitol, lactitol, isomalt, mannitol font partie de cette catégorie. Souvenons nous que leur consommation excessive a un effet laxatif ! |
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| Que signifient les termes légaux utilisés sur l’étiquette ? | ||
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• « glucides totaux » : spécifie amidon + sucres + polyols • « sans sucre » au singulier : spécifie que le produit ne contient pas de saccharose (= sucre ordinaire) sous aucune forme ; il peut cependant contenir d’autres sucres simples comme le fructose par exemple. • « sans sucres » au pluriel : spécifie que le produit ne contient aucun des sucres simples : ni saccharose (= sucre ordinaire) ni fructose, ni glucose, ni lactose … • « avec édulcorant(s) » : spécifie que le produit contient un ou des édulcorant(s) autorisés (polyols et/ou édulcorants acaloriques) • « avec sucre(s) et édulcorant(s) » : spécifie que le produit contient à la fois du sucre (au singulier) ou des sucres (au pluriel) et un ou des édulcorants autorisés (polyols et/ ou édulcorants acaloriques).
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| Les Glucides Totaux | ||||||||||||||
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| Quelques produits à la loupe et quelques pièges à éviter - 1. Au rayon des biscuits : | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Parmi ces trois exemples, allons nous acheter le biscuit étiqueté « allégé en matière grasse » ou le biscuit « sans sucre ajouté » ou le biscuit ordinaire ?
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| Discussion : Précisons d’emblée que sur l’étiquetage des biscuits, il est normal de lire des hautes teneurs en glucides : en effet le premier ingrédient de fabrication est la farine qui est une source importante d’amidon. Dans cet apport important de glucides, c’est leur répartition qui est primordiale : un biscuit où l’amidon « domine » (1) convient mieux à la personne diabétique qu’un biscuit où les sucres (ou le sucre) sont majoritairement présents (2). Idéalement l’apport en « sucres » doit être le plus faible possible avec un maximum de 50% (la moitié) de l’apport en glucides totaux. De plus on pourrait s’attendre à ce que le produit étiqueté sans sucre ajouté (3) soit moins calorique que le biscuit ordinaire (1). Il n’en est rien : ils apportent autant de calories l’un que l’autre car le produit (3), pourtant moins sucré, est plus gras.
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Conclusion : Un biscuit « maître achat » pour les personnes diabétiques pourrait être défini comme suit : - un chiffre de glucides totaux le plus élevé possible - un chiffre d’amidon le plus haut possible dans la répartition des glucides totaux - un apport en sucres égal ou inférieur à 50% du maximum des glucides totaux - maximum 17g de lipides le tout pour 100g de produit Dans notre exemple, le biscuit ordinaire (1) est donc un bon achat. |
| 2. Au rayon des confitures : | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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C’est un vaste rayon où les « réduites en calories » côtoient les « réduites en sucres », les « enrichies en fibres » ou encore les « préparées sans sucre ajouté ». Prenons 3 exemples simples et très parlants.
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| Discussion : Une confiture où l’apport calorique par 100g est réduit (2) par rapport à la confiture ordinaire est forcément un produit où la teneur en sucre est réduite puisque dans la confiture il n’y a que des fruits et du sucre. Une confiture très réduite en glucides (3) et édulcorée apporte encore moins de calories. Il y a de plus en plus de confitures très pauvres en sucres et qui sont aussi enrichies en fibres. Nous rappelons que les confitures au fructose ne sont pas un bon achat pour les personnes diabétiques. Ce sucre apporte autant de calories que le saccharose (4 kcal/g) et ne contribue donc pas à l’amaigrissement chez une personne diabétique en excès de poids. De plus, ce sucre entraîne une augmentation des graisses dans le sang.
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Conclusion : Il est plus intéressant de choisir une confiture dont la teneur en calories est la plus faible possible car elle sera proportionnellement la plus faiblement chargée en glucides. A vous d’en tester le goût ! |
| 3. Au rayon des chocolats : | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Comparons ces 3 étiquettes :
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| Discussion : Si nous comparons les 3 produits, ce sont les chocolats sans sucre(s) ajoutés qui sont les moins riches en calories. On constate aussi que la teneur en lipides des produits est assez semblable. Le choix des produits (2) et (3) peut s’avérer intéressant. Actuellement plusieurs marques de chocolat sans sucre(s) offrent réellement des avantages pour la personne diabétique mais ce n’est pas le cas de toutes les marques ; ainsi comme dans le cas des confitures, on trouve des chocolats sans sucre (saccharose) où ce dernier est remplacé par du fructose. Il n’est pas moins calorique et de plus, il est moins conseillé pour la santé. Les formules des chocolats changent et outre l’usage des édulcorants, on les enrichit en fibres (inuline) ce qui contribue à diminuer les calories.
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Conclusion : Un chocolat noir ou fondant sans sucres ajoutés et édulcoré peut retenir votre attention. Toutefois il faut réfléchir au coût ! Un petit morceau de temps en temps peut vous rendre le moral mais pas d’abus. C’est un aliment plaisir mais pas un aliment indispensable. |
| 4. Au rayon des produits laitiers aux fruits | ||||||||||||||||||||||||||||
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| Discussion : La lecture des ces étiquettes nous apprend que seul le produit maigre et sans sucres ajoutés (1) a l’apport calorique le plus faible (ce qui est logique). Par contre, le produit étiqueté maigre (2) apporte plus de gras que le produit étiqueté entier (3) ! Par ailleurs, ne nous étonnons pas que dans le produit (1) les glucides ne soient représentés que par des sucres : il s’agit du fructose, du glucose et/ou du saccharose des fruits et du lactose du lait, tous des sucres simples.
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Conclusion : Retenons simplement qu’un produit laitier aux fruits, s’il n’apporte qu’environ 55 kcal par portion est forcément maigre et sans sucres ajoutés. |
| 5. Au rayon des entremets | ||
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Le marché foisonne d’appellations « light », de « 0% » plus tentantes les unes que les autres. L’appellation « light » ou « 0% » fait référence aux graisses et NON aux sucre(s). Certains entremets maigres sont même très sucrés (± 20%) et donc ils influencent la glycémie. Ne craquons pas pour les silhouettes de rêve, placardées sur les produits laitiers, ou pour des marques qui évoquent la minceur et la forme : ce n’est pas en mangeant ces produits que l’on y arrive. | |
| L’avis de la diététicienne | ||
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L’étiquetage nutritionnel est censé aider le consommateur et non pas lui compliquer la vie. Pour éviter des lectures fastidieuses et pas toujours faciles à comprendre retenons simplement : • Que l’appellation « light ou allégé » signifie que le produit contient 1/3 de calories en moins que le produit ordinaire parce que l’industriel a enlevé du sucre ou du gras ou un peu des deux. • Qu’à force de parler aux personnes diabétiques de l’interdit du sucre on oublie l’importance de la réduction des graisses. Les produits « allégés » en sucre sont parfois aussi riches en graisses que le produit ordinaire. • Que certaines marques porteuses d’idée de minceur, de régime et de bonne santé, commercialisent il est vrai des produits adéquats mais aussi d’autres qui le sont moins. • Qu’un produit allégé consommé sans contrôle de quantité fait perdre tout le bénéfice de la diminution calorique escomptée : il faut donc être attentif à la portion consommée. • Que « sucre » n’égale pas « sucres ». • Que beaucoup d’étiquettes sont incomplètes et/ou mal rédigées ! • Dans le souci du respect du consommateur, beaucoup d’efforts s’imposent dans le domaine de l’étiquetage !
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