Qu'est-ce que le diabète ?

L'ABD édite un Guide du Diabète qui détaille largement les différents types de diabète, symptômes, traitements et complications éventuelles liées à la maladie. Ce Guide est remis à chaque nouvel adhérent. Cet ouvrage est disponible sur simple demande au secrétariat au prix de 15,00 € (10,00 € pour les membres) + 4,50 € pour les frais d'envoi).

Le diabète est une maladie chronique qui apparaît lorsque le pancréas ne produit plus suffisamment d'insuline ou quand le corps ne parvient plus à utiliser efficacement l'insuline qu'il produit.
Quand nous absorbons des glucides, ceux-ci sont digérés dans l'intestin et sont transformés en glucose.
Ce glucose passe des intestins dans le sang où il peut circuler dans tout le corps pour aller approvisionner nos organes et tissus en énergie. Pour que nos organes et tissus puissent utiliser ce glucose, ils ont besoin d'une hormone, c'est l'insuline.

L'insuline est une hormone produite par le pancréas et dont le rôle est d'ouvrir la porte de nos cellules.
Elle agit comme un clef en permettant au glucose présent dans le sang de pénétrer dans les cellules qui pourront alors l'utiliser comme source d'énergie.

On distingue essentiellement :

Le diabète de type 1 (+/- 10 % des cas)

Il s'agit d'une maladie auto-immune dans laquelle notre système immunitaire produit des anticorps qui détruisent les cellules bêta du pancréas productrices de l'insuline. Ce type de diabète apparaît le plus souvent dans l'enfance ou au début de l'âge adulte, chez des personnes jeunes. Dans le langage courant, on l'appelle souvent "diabète sucré" ou encore "diabète juvénile". Les personnes qui en sont atteintes ont donc besoin d'injections quotidiennes d'insuline ou d'une pompe à insuline pour survivre : ce diabète est dit "insulinodépendant".
C'est le médecin-spécialiste (diabétologue) qui déterminera le type d'insuline ainsi que le nombre et le moment des injections quotidiennes. 

Le traitement à l'insuline sera complété par des recommandations pour la pratique régulière d'une activité physique et des mesures hygiéno-diététiques afin d'aider la personne à garder un poids stable.


Le diabète de type 2 (qui concerne 85 % à 90 % des personnes diabétiques)

Ce type de diabète résulte de la conjonction de deux phénomènes étroitement liés :

  • une diminution de la sensibilité des cellules à l'action de l'insuline, comme si celles-ci "résistaient" à son action. Le mécanisme de l'insulino-résistance a une origine complexe et multifactorielle. Une prédisposition génétique ou familiale n'est pas à exclure mais le surpoids et l'obésité sont des facteurs aggravants reconnus de ce phénomène
  • une hyperinsulinémie réactionnelle : pour compenser et maintenir un état de glycémie normale, le pancréas fabrique davantage d'insuline. Mais après une évolution plus ou moins longue, il s'épuise et la sécrétion diminue avec pour conséquence un taux de glucose sanguin restant anormalement élevé.

Le diabète de type 2 apparaît généralement après l'âge de 40 ans, raison pour laquelle on l'appelle aussi "diabète de la maturité". Toutefois, depuis quelques années, on l'observe aussi chez des enfants et des adolescents en surpoids ou obèses.

Le traitement du diabète de type 2 repose avant tout sur la gestion de l'excès de poids (en aidant à corriger les erreurs et mauvaises habitudes alimentaires) ainsi que sur la pratique régulière d'une activité physique. Les mesures hygiéno-diététiques seront éventuellement complétées par des médicaments antidiabétiques oraux (ADO) qui soit réduiront la résistance des cellules à l'action de l'insuline, soit stimuleront le pancréas pour qu'il produise davantage d'insuline.


A un stade évolutif avancé, le médecin sera parfois obligé de prescrire des injections d'insuline pour maintenir des taux de glycémies à un niveau le plus correct possible : le diabète de type 2 sera alors devenu "insulinorequérant".


Le diabète de grossesse 

On parle de diabète de grossesse ou gestationnel lorsque des femmes enceintes n'ayant jamais présenté de diabète auparavant présentent un taux de glycémie élevé durant leur grossesse. S'il n'est pas contrôlé et traité, ce diabète peut augmenter le risque de fausse couche et de mise au monde d'un bébé trop gros et prématuré. Les symptômes du diabète gestationnel disparaissent généralement à la fin de la grossesse mais il faut savoir que les femmes ayant développé ce type de diabète courent un risque plus grand de développer un diabète de type 2, parfois des années plus tard.

Notons que le fait d'être diabétique ne doit pas empêcher une jeune femme d'avoir un projet de grossesse si elle le souhaite et si son diabète est bien équilibré. Il lui est conseillé d'en parler le plus tôt possible à son médecin. Le diabète devra être bien équilibré dès la conception et durant toute la grossesse. 
Le diabète ne se transmet pas non plus de la mère à l'enfant durant la grossesse mais il existe des facteurs héréditaires prédisposant au diabète.

Signes précurseurs du diabète de type 2

Le diabète de type 2 peut être asymptomatique pendant de longues années : ses symptômes peuvent être légers, voire carrément absents pendant une longue période.

On peut donc être diabétique sans le savoir, et ce, depuis des années.

Ce type de diabète est souvent diagnostiqué par hasard, à l'occasion d'une prise de sang, ou tardivement à l'apparition des premières complications. Comme on ne ressent aucune douleur, on ne réalise pas non plus la gravité de cette pathologie silencieuse ni ses effets dévastateurs à long terme.

Quelques signes précurseurs s'ils sont plus marqués qu'en temps normal doivent vous alerter et vous inciter à consulter votre médecin :

  • envie fréquente d'uriner et soif excessive (à partir d'un certain seuil, l'excès de glucose dans le sang sera éliminé par les reins. La fonction première des reins est de filtrer le sang et d'éliminer les déchets qui s'y trouvent. Si le taux de glucose est trop élevé, celui-ci sera éliminé avec une grande quantité d'eau, les urines deviendront abondantes et la perte d'eau qui en résultera provoquera une forte envie de boire)
  • perte de poids
  • fatigue, manque d'énergie
  • manque d'intérêt et de concentration
  • vomissements et douleurs stomacales (symptômes souvent confondus avec la grippe)
  • picotements, engourdissements ou sensation d'insensibilité dans les mains ou les pieds
  • vision floue
  • infections fréquentes
  • lente guérison des plaies

Dépistage et diagnostic du diabète

D'après la Fédération internationale du Diabète, il y aurait en Belgique actuellement environ 600 000 personnes diabétiques dont la moitié ignore qu'elles sont atteintes.

Pendant longtemps, le dépistage du diabète s'est fait à l'aide de tigettes urinaires. Le test d'urine était un moyen simple de détecter la maladie - le glucose apparaissant dans l'urine lorsque le taux de sucre dans le sang est déjà très élevé
(= glycosurie).

Aujourd'hui on mesure le taux de glucose sanguin en pratiquant un test de glycémie à l'aide d'un petit appareil appelé glucomètre ou lecteur de glycémie. 
Le test est réalisé de manière très simple en mettant une goutte de sang recueillie au bout du doigt sur une bandelette réactive que l'on insère dans l'appareil. Ce test est un "instantané" permettant de mesurer le taux de glucose dans le sang à un moment donné.

Le diagnostic de diabète se fera toujours au laboratoire d'analyses médicales (examen biologique de la glycémie à l'aide d'un prélèvement sanguin réalisé à jeun). Le taux de sucre dans le sang à partir duquel on parle de diabète a évolué dans le temps. Il est parfois encore sujet à controverse et on a tendance à retenir des valeurs de plus en plus faibles. A l'heure actuelle on s'accorde à dire :

  • qu'une glycémie normale à jeun est inférieure à 110 mg/dl
  • entre 110 mg/dl et 126 mg/dl à jeun, on parle d'intolérance glucidique ou de "pré-diabète"
  • si la glycémie dépasse les 126 mg/dl à jeun (sur deux dosages différents), on pose un diagnostic de diabète.

Pour déterminer si vous êtes à risque de développer un diabète, nous vous proposons de répondre à quelques questions très simples. Si vous répondez oui à l'une ou plusieurs d'entre elles, nous vous conseillons de consulter votre médecin généraliste.

Accédez au questionnaire de risques

Réduisez vos risques

Le diabète de type 2 n'est pas associé à une seule cause mais certains comportements peuvent en augmenter le risque. Vous pouvez prévenir ou retarder l'apparition d'un diabète de type 2 en prenant quelques précautions simples liées essentiellement au mode de vie et à l'alimentation.

Que l'on soit diabétique ou non, manger sainement est un plus pour la santé et la meilleure manière de prévenir le diabète de type 2 consiste d'abord à privilégier une alimentation saine et équilibrée (on oublie trop souvent qu'une alimentation saine peut aussi être très savoureuse).Il est conseillé :

  • de manger à des heures régulières et de ne pas sauter de repas
  • d'essayer de garder un poids stable, idéal (éviter les excès)
  • d'avoir une alimentation aussi variée et équilibrée que possible
  • privilégier les fruits et légumes ainsi que les aliments riches en fibres
  • privilégier les aliments contenant le moins de matières grasses afin de garder le cholestérol et les autres lipides sanguins aux niveaux cibles
  • privilégier les aliments contenant le moins de sel possible (une alimentation trop riche en sel est un facteur pouvant entretenir une hypertension artérielle)

La pratique d'une activité physique régulière est aussi vivement recommandée. Plusieurs études médicales montrent qu'une augmentation même légère de la fréquence et de l'intensité de l'activité physique est bénéfique pour la santé : l'exercice physique contribue à l'entretien d'un poids idéal et il favorise l'utilisation du glucose par les tissus. 

De ce fait, il abaisse le taux de sucre dans le sang. Il est donc très important d'éviter la sédentarité et de bouger, au minimum 30 minutes par jour, que ce soit en faisant ses courses, en promenant le chien, en prenant les escaliers plutôt que l'ascenseur,...

L'arrêt du tabac est également fortement conseillé. Nul n'ignore plus aujourd'hui les dangers du tabagisme comme facteur de risque cardiovasculaire, un risque déjà élevé chez les personnes diabétiques. 
Des études médicales ont essayé de déterminer l'influence possible du tabac sur le mécanisme de l'insulino-résistance. En fait, il semble que ce sont surtout les comportements liés au tabagisme qui sont en cause. La consommation de tabac est souvent associée à une mauvaise hygiène de vie : sédentarité, alimentation plus grasse et plus sucrée, consommation d'alcool supérieure à la moyenne,... Bref, des comportements qui au fil du temps font le lit du diabète de type 2.

 

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