Complications

L’hyperglycémie

Par hyperglycémie, on entend un taux de sucre sanguin trop élevé. Si l'hyperglycémie se prolonge, on parle alors d'hyperglycémie chronique et de diabète.

C'est l'hyperglycémie chronique qui entraîne les complications chroniques du diabète telles qu'une détérioration prématurée des vaisseaux sanguins (maladies cardiovasculaires), des nerfs (neuropathie), de la rétine (rétinopathie) ou des reins (néphropathie).

Les raisons d’une hyperglycémie peuvent être multiples :
 

  • déséquilibre alimentaire responsable d’un apport de sucre important dans le sang
  • manque ou insuffisance d’activité physique
  • oubli ou mauvaise observance du traitement (c’est le cas typique de la personne diabétique qui ne s’injecte pas d’insuline parce qu’il/elle n’a pas faim…)
  • prise de certains médicaments (exemple : la cortisone)
  • stress, angoisse,…

Les symptômes de l’hyperglycémie

Elle se manifeste par l’apparition d’un ou plusieurs symptômes conjugués :
 

  • fatigue
  • irritabilité
  • envie fréquente d’uriner
  • soif intense
  • infections à champignons (mycoses) à répétition, plaies cicatrisant plus difficilement
  • troubles de la vision

Comment la contrôler ?

Il faudra :

  • vérifier plus souvent la glycémie et adapter le traitement si nécessaire
  • le cas échéant modifier son alimentation
  • si possible augmenter son rythme d’activité physique

En cas d’hyperglycémie sévère non contrôlée, la personne court le risque de se déshydrater gravement et de perdre conscience. On parle alors de coma hyperglycémique ou de décompensation acido-cétosique, selon le cas.

L'hypoglycémie

Par hypoglycémie, on entend un taux de sucre sanguin trop bas, à savoir sous les 70 mg/dl. 
En pratique on considère le plus souvent 60 mg/dl comme le seuil en dessous duquel il faut absolument réagir.

Les raisons d’une hypoglycémie peuvent être multiples :

  • une erreur dans le dosage de l’insuline ou du médicament hypoglycémiant
  • l’oubli d’un repas, d’une collation ou un repas moins copieux que d’habitude(absorption insuffisante de glucides)
  • un effort physique trop intense ou plus important qu’à l’habitude (l’exercice physique favorise la consommation de glucose par les muscles et peut donc entraîner un risque d’hypoglycémie ; celle-ci peut apparaître pendant l’exercice ou plusieurs heures plus tard)
  • certains traitements médicamenteux (contre une pression artérielle élevée, certains antidépresseurs,…)
  • l’alcool a un effet hypoglycémiant

Quels sont les symptômes d’une hypoglycémie ?

L’hypoglycémie se manifeste par des sensations qui peuvent varier très fortement d’une personne à l’autre et chacun apprend à reconnaître ses propres symptômes. On peut distinguer néanmoins les symptômes les plus fréquents :
 

Symptômes d'alerte (hypoglycémie débutante) :

  • une pâleur, fatigue intense
  • une transpiration abondante
  • des tremblements
  • des palpitations
  • des troubles de la vue
  • une faiblesse musculaire

 Quelques symptômes de danger (quand l'hypoglycémie est  plus profonde) :

  • un comportement inhabituel
  • de l'irritabilité
  • des difficultés d'élocution,...


La présence d’un ou plusieurs de ces symptômes implique pour la personne diabétique de réagir très rapidement en se resucrant, faute de quoi elle risque de perdre conscience.

Bien savoir se resucrer

Si les hypoglycémies sont répétées, elles peuvent aussi être un signe que le traitement n’est peut-être plus adapté et qu’il doit être revu avec le médecin.

Quelles précautions prendre pour éviter une hypoglycémie ?
 

  • Bien respecter son alimentation, ne pas sauter de repas ou de collations
     
  • Bien respecter le traitement prescrit, son dosage et ses horaires
     
  • Mesurer sa glycémie régulièrement
     
  • Avoir toujours sur soi de quoi se resucrer y compris (et surtout) en cas d’effort physique
     
  • Avoir toujours à portée de main un Glucagen Hypokit (produit augmentant le taux de sucre dans le sang et pouvant être injecté en sous-cutané)
     
  • Eviter de consommer de l’alcool sans avoir mangé
     
  • Demander conseil à son médecin quant aux effets sur la glycémie de la prise d’un nouveau médicament, de plantes,…
     
  • Avoir sur soi une carte d’identité diabétique et informer éventuellement son entourage (famille, collègues,…) sur les risques liés à l’hypoglycémie et les moyens d’y remédier


L’acidocétose diabétique

L’acidocétose est un signe de décompensation du diabète provoquée par une insuffisance sévère en insuline. L’insuffisance ou l’absence d’insuline ne permet pas au glucose d’entrer dans les cellules où il est nécessaire. Les cellules vont donc devoir chercher un autre combustible pour fonctionner. Elles vont le puiser dans les acides gras, éléments de base des corps gras contenus dans le sang mais dont la dégradation va provoquer la formation dans le foie d’éléments chimiques toxiques appelés corps cétoniques ou cétones. Ces corps cétoniques vont s’accumuler dans le sang et le rendre acide.

L’acidocétose se caractérise par :

  • des douleurs abdominales, nausées
  • une gêne respiratoire, un essoufflement
  • des manifestations neurologiques
  • une déshydratation importante

Elle se repère à l’aide de comprimés (acetest) ou de bandelettes urinaires réactives permettant de mesurer l’acétonurie (présence d’acétone ou déchets des graisses dans les urines). Quand elle est décelée rapidement, la concentration anormale de cétones peut être traitée facilement. En revanche si rien n’est fait, la personne peut sombrer dans un coma sévère et mourir.

Complications micro- et macrovasculaires du diabète

Un diabète mal équilibré peut être lourd de conséquences. Des glycémies anormalement élevées pendant une longue période (hyperglycémie prolongée) détériorent précocement les vaisseaux sanguins et les nerfs : les vaisseaux sanguins se rétrécissent et durcissent progressivement et l’afflux de sang ne se fait plus correctement; les nerfs s’abîment et ne sont plus capables de transmettre correctement l’information qu’ils doivent faire passer.

Des complications parfois très importantes et invalidantes pour le patient peuvent apparaître et causer des lésions sévères, voire irréversibles à certains organes. Ces complications sont aussi extrêmement coûteuses à soigner.

Une personne diabétique qui se prend bien en charge a une meilleure qualité de vie personnelle et un risque réduit de complication


Les complications macrovasculaires (= affectant les gros vaisseaux)

Un taux de sucre trop élevé dans le sang entraîne un durcissement et un rétrécissement de la paroi des artères. Il provoque aussi un épaississement du sang (coagulation) pouvant entraîner la formation de caillots qui peuvent boucher les vaisseaux sanguins. L’irrigation du muscle cardiaque peut être compromise et la personne court le risque d’une angine de poitrine ou d’un infarctus du myocarde. Le diabète augmente le risque cardiovasculaire tout comme le tabagisme, l’hypertension artérielle et l’hyperlipidémie (trop de cholestérol et de triglycérides dans le sang). Les complications cardio-vasculaires constituent d'ailleurs la première cause de mortalité chez le patient diabétique de type 2. Les artères cérébrales qui approvisionnent le cerveau en oxygène peuvent aussi être endommagées et causer un accident vasculaire cérébral ou une thrombose.

Les complications microvasculaires (= affectant les petits vaisseaux)

L’irrigation sanguine des petits vaisseaux de certains organes peut être altérée. C’est le cas au niveau des yeux et des reins :

  • fragilisation de la paroi des vaisseaux de la rétine et risque d'hémorragie pouvant entraîner une détérioration progressive de la vision voire la cécité (rétinopathie diabétique)
  • détérioration de la fonction rénale pouvant aller jusqu'à l'insuffisance rénale terminale nécessitant un traitement par la dialyse (néphropathie diabétique)

L'excès prolongé de sucre dans le sang peut aussi endommager les nerfs des membres inférieurs et causer des lésions à la structure de ces nerfs, difficiles à réparer, parfois irréversibles. Cela a pour effet de ralentir la conduction nerveuse : des informations comme le froid, le chaud ou la douleur ne parviennent plus totalement au cerveau.

La neuropathie diabétique se caractérise par un trouble ou une absence de sensibilité à la douleur dans les membres inférieurs. La personne diabétique peut se blesser et ne pas s’en rendre compte. Les pieds sont particulièrement exposés : blessure, brûlure, ampoule, cor,… ne font plus mal du tout. La glycémie élevée attaquant aussi les vaisseaux sanguins, il se peut que les artères des jambes n’irriguent plus correctement les pieds, ce qui rend difficile la cicatrisation des blessures, plaies,… Les blessures mettront donc plus de temps à guérir et seront plus sujettes à infection, causant parfois des ulcérations, nécroses, un mal perforant plantaire. Il est important de rappeler ici que ce n’est pas le diabète qui fait s’infecter les blessures, mais bien l’insensibilité et la mauvaise circulation qu’il engendre.

Chez les personnes diabétiques, l’examen et les soins aux pieds devront donc faire l’objet d’une attention toute particulière. Il leur sera recommandé :

  • de tester régulièrement la sensibilité de leurs pieds à l’aide d’un monofilament
  • à l’aide d’un miroir de surveiller et soigner les blessures, ampoules, toute autre blessure éventuelle
  • de choisir des chaussures en cuir souple et lisse avec un talon n’excédant pas 5 cm
  • d’acheter leurs chaussures à la bonne pointure et de préférence en fin de journée lorsque les pieds sont enflés
  • de porter des chaussettes de préférence en coton ou en fibres naturelles et d’éviter que celles-ci ne fassent de plis
  • de changer de chaussettes tous les jours

Dysfonction érectile

Le diabète exposant à des complications neurologiques ou vasculaires, l’atteinte des vaisseaux irriguant la verge ainsi que des nerfs de la verge peuvent engendrer des troubles érectiles. A ces réalités physiologiques se rajoute souvent une composante psychologique (la peur de l’échec) qui peut aussi altérer la fonction érectile. Diverses possibilités thérapeutiques peuvent être envisagées sous forme de traitements oraux ou encore d’injections. Une information du patient et du couple sur les mécanismes et les solutions thérapeutiques permet généralement une meilleure compréhension et un meilleur suivi et donc une efficacité thérapeutique accrue.

 

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