Types de traitement

Le diabète de type 1 ou insulinodépendant

Le diabète de type 1 est une maladie auto-immune : c’est le propre système immunitaire de la personne diabétique qui va détruire les cellules bêta des îlots de Langerhans situés dans le pancréas et qui produisent l’insuline. L’absence de production d’insuline fait que les personnes diabétiques de type 1 devront s'injecter de l'insuline plusieurs fois par jour, et ce, tout au long de leur vie.  Le traitement sera complété par des recommandations pour une adaptation des habitudes alimentaires et la pratique d’une activité physique régulière. C’est le médecin-diabétologue qui proposera un schéma de traitement à l’insuline adapté aux besoins de la personne. Il déterminera sur base de mesures de la glycémie à différents moments de la journée :

  • le type et les dosages d’insuline
  • le nombre quotidien et le moment des injection

Le traitement visera à se rapprocher autant que possible du profil de production naturelle d’insuline d’une personne non diabétique, c’est-à-dire une production continue tout au long de la journée avec des pics de sécrétion au moment des repas. Il existe différents types d’insuline qui ont un délai et une durée d’action variables.

Le traitement à l’insuline est efficace s’il est bien dosé : si vous injectez trop peu d’insuline, vos glycémies resteront hautes ; si vous en injectez trop, vous risquez une hypoglycémie. D’où l’importance pour une personne diabétique soignée à l’insuline de surveiller régulièrement sa glycémie.

Dans certains cas où le diabète reste difficile à équilibrer malgré un traitement par injections bien conduit, le diabétologue pourra éventuellement proposer le passage à un schéma d'injection continu d'insuline par pompe portable externe.

Consultez ICI les recommandations pour les injections d'insuline...


Le diabète de type 2 ou insulinorésistant

Différentes possibilités thérapeutiques existent pour le diabète de type 2 contrairement au diabète de type 1 où la seule option thérapeutique réside dans les injections d’insuline.

La gamme de médicaments antidiabétiques oraux (ADO) est aujourd’hui très large, ce qui permet d’adapter au mieux le traitement à chaque patient en fonction des objectifs de santé à atteindre. Mais attention : prétendre équilibrer un diabète de type 2 à l’aide du seul traitement thérapeutique est un leurre !

Le traitement sera toujours accompagné de recommandations visant à encourager une alimentation saine et équilibrée de même que la pratique d’une activité physique régulière.

Traitement + alimentation saine & équilibrée + exercice physique → équilibre du diabète de type 2

On distingue les antidiabétiques oraux (ADO) selon leur type d’action :

  • les sulfamides hypoglycémiants (exemples : Diamicron®, Glurenorm®, Amarylle®,…) qui stimulent la sécrétion d’insuline par le pancréas et ont donc un effet hypoglycémiant. Il est conseillé de les prendre avant le repas.
  • les biguanides (exemples : Glucophage®, Metformine) qui diminuent la fabrication de sucre par le foie et augmentent l’action de l’insuline secrétée. Il n’y a pas de risque d’hypoglycémie mais ces médicaments peuvent parfois causer des troubles intestinaux (nausées ou diarrhée). Il est conseillé de les prendre pendant ou à la fin du repas.
  • les Glitazones (exemple : Actos®) qui ont pour principal effet d’augmenter la sensibilité des tissus à l’insuline et donc de diminuer l’insulino-résistance
  • les incrétino-mimétiques ou analogues du GLP-1. Il s'agit de molécules qui reproduisent et prolongent le processus biochimique des incrétines, ces hormones libérées par le tube digestif en début de repas. L’une d’elles, le GLP-1, stimule la sécrétion d’insuline et réduit la libération du glucagon (hormone qui augmente le taux de sucre dans le sang). Exemples : Byetta®, Victoza®. Ces médicaments s’administrent par injections quotidiennes sous-cutanées, sans qu’il soit besoin d’adapter la dose au taux de sucre dans le sang. Le risque d’hypoglycémie avec les incrétino-mimétiques est moindre qu’avec les sulfamides hypoglycémiants.
  • les inhibiteurs de la DPP4 ou gliptines(exemples : Januvia®, Galvus®, Onglyza®) : molécules qui stoppent la destruction par l’enzyme DPP4 des incrétines dont la durée de vie est très courte.
  • les inhibiteurs des alphaglucosidases (exemple : Glucobay®) : substances qui diminuent l'absorption des sucres dans l'organisme (l'absorption est le passage du sucre depuis l'intestin vers le sang). Les sucres restent donc plus longtemps dans le tube digestif causant parfois quelques effets indésirables (ballonnements).
  • les glinides (exemple : Novonorm) : substances qui agissent comme les sulfamides hypoglycémiants en forçant le pancréas à secréter davantage d’insuline. Ils ont une action rapide et brève qui diminue les risques d’hypoglycémies. 
Tous ces traitements pourront se révéler efficaces pendant de nombreuses années et parfois même pendant toute une vie. Mais le diabète pourra aussi s’aggraver avec le temps si bien qu’un passage à l’insuline devra être envisagé : le diabète de type 2 sera alors devenu insulino-requérant.

L’insulinothérapie dans le diabète de type 2

En cas de déséquilibre prolongé du diabète de type 2, quand le régime alimentaire, l’exercice physique et les antidiabétiques oraux ne suffisent plus, le traitement à l’insuline doit être envisagé.

Il arrive souvent que ce passage à l’insuline soit mal compris, mal vécu et qu’il génère de l’inquiétude. Cette appréhension est généralement liée à un manque d’information. Elle se nourrit aussi de croyances, idées toutes faites ou émotions qui peuvent générer des résistances psychologiques importantes et empêcher un contrôle glycémique optimal.

La façon dont les professionnels de santé vont communiquer au sujet de l’insulinothérapie sera déterminante. Il n’est pas rare en effet que le diabète de type 2 soit perçu comme une condition bénigne (« j’ai un peu de sucre ») et que certaines personnes pensent que l’insuline est uniquement administrée lorsque le diabète atteint un stade de maladie grave. Chez d’autres, le traitement à l’insuline sera erronément assimilé à un échec des médicaments hypoglycémiants classiques, faisant parfois naître un sentiment de culpabilité, alors que pour des raisons physiologiques connues dans le diabète de type 2 (épuisement progressif du pancréas), il convient à un moment donné de passer aux injections d’insuline afin de maintenir des taux de glycémies satisfaisants.

L’absence parfois prolongée de symptômes ou de douleurs peut également conforter certaines idées fausses. Pourquoi passer à l’insuline si je me sens bien ? La personne ne comprendra pas toujours l’inquiétude de son médecin face à une hyperglycémie prolongée pour laquelle seule l’insuline permettra une bonne équilibration, si possible avant que les complications n’apparaissent.

Des arguments comme la prise de poids résultant (parfois) d’un traitement à l’insuline peuvent aussi être invoqués. Comme l’action de l’insuline est de ramener le taux de sucre à des valeurs moins élevées, elle freine l’élimination de sucre dans les urines et influence le seul rénal (= le seuil à partir duquel le sucre en excès dans le sang commence à passer dans les urines, ce seuil variant d’une personne à l’autre).

Cette perte de sucre représente une fuite de calories. L’arrêt d’une telle perte peut donc engendrer une prise de poids, en général peu importante et préférable en tout cas au maintien d’une hyperglycémie prolongée et à la survenue de complications. Il n’empêche que cette information peut être perçue comme contradictoire par une personne diabétique déjà en surpoids et à laquelle on demande de surveiller son alimentation !

La peur des hypoglycémies et des injections

Le risque d’hypoglycémies n’est pas propre à l’insuline et il est aussi grand chez une personne diabétique sous sulfamides hypoglycémiants lorsque ceux-ci sont encore très actifs. D’autre part, contrairement à un diabète de type 1, le traitement insulinique d’un diabète de type 2 ne vise pas à apporter toute l’insuline dont l’organisme a besoin. Souvent la personne a encore une sécrétion d’insuline, insuffisante mais présente.

Certaines personnes peuvent éprouver des craintes, voire une réelle appréhension, à l’idée de devoir se faire elles-mêmes des injections d’insuline. Il est vrai que dans le passé, les aiguilles étaient grosses, ce qui rendait les injections douloureuses. Comme elles coûtaient chers, on les employait longtemps et plusieurs fois d’affilée jusqu’à ce qu’elles soient émoussées. Des progrès importants ont été réalisés dans ce domaine et aujourd’hui, l’injection est pratiquement indolore grâce à des aiguilles plus fines, mieux usinées. L’apparition de stylos injecteurs simples à utiliser a aussi considérablement facilité le traitement insulinique et réduit les désagréments liés aux injections.

On distingue les types d’insulines selon la rapidité à laquelle elles passent dans le sang et leur durée d’action :

  • à action ultra rapide : elles passent dans le sang 5 minutes après l’injection et agissent pendant 2 à 3 heures (Exemples : Novorapid®, Humalog®, Apidra®). Ce sont des insulines humaines modifiées afin de raccourcir leur durée d’action : elles se rapprochent de l’action normale de l’insuline chez une personne non diabétique après ingestion d’un repas
  • à action rapide : elles passent dans le sang 30 minutes après l’injection et agissent pendant 6 à 8 heures (Exemples : Actrapid®, Regular®)
  • à action intermédiaire : elles passent dans le sang 1 à 2 heures après l’injection et restent actives pendant 10 à 18 heures (Exemples : Insulatard®, NPH®)
  • à action lente : elles passent dans le sang 1H30 à 4 heures après l’injection et restent actives pendant environ 24 heures (Exemples : Levemir®, Lantus®). Ce sont des insulines modifiées afin d’allonger leur durée d’action et/ou une libération prolongée pour s’approcher au maximum d’une sécrétion basale (= assurant des glycémies normales en dehors des repas) la plus constante possible.

On compte également des mélanges composés d’insuline à action rapide (ou ultra-rapide) et à action intermédiaire (ou lente) qui permettent de ne faire qu’une injection au lieu de deux.

Pour réaliser l’injection, on a utilisé pendant longtemps des seringues mais ces seringues ont peu à peu été remplacées par des stylos injecteurs faciles à utiliser et que l’on remplit à l’aide de cartouches à insuline (de nos jours on peut même trouver des stylos pré-remplis jetables). On conseille de varier les sites d’injection de manière à éviter les bosses gênantes et douloureuses (lipodystrophies).

L’insuline étant sensible à la lumière et à la chaleur, elle doit être stockée au réfrigérateur. En revanche, une dose ouverte peut être conservée à température ambiante mais à l’abri du soleil.

Elimination des aiguilles à stylo : ne jetez pas vos aiguilles à la poubelle !

L’importance de l’exercice physique

De manière générale, une activité physique régulière est conseillée à tous. 

Pratiquée régulièrement, l’activité physique procure d’abord, en plus d’effets cardiovasculaires positifs, des effets psychologiques non négligeables. Réduction de l'anxiété et amélioration de la tolérance au stress, amélioration de la confiance en soi et en ses capacités,… sont des éléments qui contribuent à entretenir une image positive de soi et un sentiment de bien-être. Ces facteurs peuvent aussi avoir un impact positif sur la volonté et la capacité de la personne à suivre son traitement et/ou à modifier certains comportements alimentaires inadéquats par exemple.Elle l’est encore plus pour les personnes diabétiques.

L’exercice physique diminue les risques de maladies cardiovasculaires grâce à ses effets favorables sur les lipides (graisses) sanguins et la tension artérielle. Il est aussi un moyen thérapeutique efficace pour équilibrer la glycémie.

Lors d’un exercice physique, les muscles demandent et reçoivent davantage de glucose. Une quantité plus importante de sucre est donc brûlée par les muscles et le taux de sucre dans le sang s’en trouve diminué.

Il ne s’agit pas nécessairement de pratiquer un sport de haut niveau mais simplement d’augmenter l’activité musculaire. L’activité physique ne fait pas nécessairement maigrir mais elle a l’avantage de modifier la composition corporelle : elle diminue la graisse viscérale au profit de la masse musculaire, ce qui va de pair avec une amélioration de la sensibilité à l’insuline.

Dans la population non diabétique, il a été démontré qu’une activité physique d’endurance augmentait d’environ 20 % la sensibilité à l’insuline. Le même effet peut être constaté chez les personnes diabétiques de type 2.

Pour une personne diabétique de type 2, les avantages de l'activité physique sont donc multiples :

  • augmentation de la sensibilité des tissus à l'insuline
  • amélioration de la glycémie
  • prévention des complications à long terme du diabète
  • réduction du pourcentage de graisse et augmentation de la masse musculaire
  • réduction des niveaux de cholestérol et de triglycérides
  • réduction de la tension artérielle
  • amélioration du bien-être mental


Avant de débuter une activité sportive, il est toutefois conseillé d’en parler à votre médecin : celui-ci évaluera votre état physique et vous conseillera sur le sport que vous voulez pratiquer ainsi que sur les contre-indications éventuelles. Sachez également qu’en fonction de votre traitement (hypoglycémiants ou insuline), vous pouvez présenter un risque d’hypoglycémie à l’effort. Il convient donc de prendre certaines précautions, surtout si vous n’avez pas l’habitude de faire un effort physique même modéré : il est impératif de toujours prévoir de quoi se resucrer avant, pendant et après l’effort.

Le contrôle glycémique avant l’exercice est également indispensable :

  • Glycémie > à 300 : pas d’exercice
  • Entre 100 et 300 : exercice autorisé
  • Glycémie < 100 : prendre 20 à 30 gr d’hydrates de carbone avant de débuter l’exercice et contrôler votre glycémie par la suite

Pour être efficace sur l’équilibre glycémique, il est conseillé de pratiquer une activité physique :

  • au moins 20 min par jour et 5 jours sur 7 (l’idéal étant 7 j sur 7 !)
  • de prévoir une période d’échauffement (avant l’effort) et de récupération (après l’effort) pour améliorer la tolérance à l’effort
  • de commencer prudemment, l’intensité doit être croissante
  • de privilégier un sport d’endurance qui favorisera une dépense calorique plus importante et une amélioration de la sensibilité du corps à l'insuline (vélo, marche, jogging,…, la natation est également excellente car elle met en jeu tous les muscles)
  • de contrôler votre glycémie avant et après l’effort
  • de lutter contre la sédentarité au quotidien (monter les escaliers, promener le chien, délaisser la voiture,…)

Le risque de plaies et de blessures aux pieds étant un problème sérieux chez les personnes diabétiques, celles-ci devront tout particulièrement faire attention à :

  • inspecter quotidiennement le bon état de leurs pieds pour déceler les cors, callosités, blessures éventuelles (prévoir éventuellement un rendez-vous chez un(e) pédicure ou un podologue en cas de plaies)
  • laver quotidiennement les pieds au savon et à l’eau tiède et les sécher convenablement, y compris entre les orteils
  • choisir de bonnes chaussures, confortables(les acheter en milieu de journée lorsque les pieds sont un peu gonflés)
  • changer de chaussettes ou de bas tous les jours (préférer les chaussettes en coton, sans coutures)

 

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